Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/110

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pagné d’un juge d’instruction, de plusieurs agents, et suivi d’un serrurier.

Le commissaire de police fit réunir toute la livrée, et l’on procéda à l’interrogatoire des domestiques de l’hôtel, depuis le premier jusqu’au dernier.

Toutes les réponses furent à peu près les mêmes.

La veille, la marquise s’était levée comme à son ordinaire, peut-être un peu plus tard ; elle s’était sentie un peu souffrante, et avait ordonné d’aller chercher le docteur d’Hérigoyen, qu’elle voulait voir en se levant.

En effet, le docteur était arrivé vers onze heures du matin, il avait causé assez longtemps avec la marquise, dans sa chambre à coucher, puis s’était retiré sans faire d’ordonnance, parce que la marquise se trouvait mieux.

En effet, dans l’après-dînée, elle semblait complètement remise de son indisposition.

Sa femme de chambre, ayant été obligée de la quitter, elle parut attristée du départ de cette jeune femme qu’elle affectionnait beaucoup.

Elle lui avait fait plusieurs cadeaux, lui avait payé au moins le double de ce qu’elle lui devait ; car elle était toujours très généreuse.

En quittant cette pauvre fille, elle l’avait embrassée, en lui promettant de la reprendre, lorsque, après le retour de son mari, elle irait passer à Paris la saison d’hiver.

La jeune servante était d’un village des environs de Paris.

Après le départ de cette fille, la marquise avait ordonné à l’intendant de lui procurer une nouvelle femme de chambre et elle s’était, jusqu’au dîner, retirée dans ses appartements.

Pendant le dîner, elle avait donné plusieurs ordres à propos de visites qu’elle se proposait de faire à certaines dames de ses amies.

Elle avait renouvelé à l’intendant son ordre d’une servante ; puis, on avait chez elle ranimé le feu de la cheminée, elle était rentrée alors dans sa chambre à coucher et on ne l’avait plus revue depuis lors.