Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/119

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Les agents du commissaire de police se regardèrent d’un air goguenard.

Mais le policier ne se déconcerta pas ; sans paraître remarquer les sourires railleurs des agents, il marcha droit à la muraille, et, après une très légère inspection, il posa le doigt sur une rosace de la tenture, impossible à découvrir, à moins d’être bien certain de son existence ; aussitôt, la muraille sembla se fendre, un bloc de granit se détacha, tourna sans produire le moindre bruit sur lui-même et démasqua un escalier en spirale, montant aux étages supérieurs et descendant jusqu’aux fondations de l’hôtel.

— C’est par cette porte que la marquise a été enlevée, dit froidement l’agent.

Les assistants étaient stupéfiés.

— Mais comment, vous étranger à ce pays, arrivé depuis un mois à peine, ayez-vous réussi à découvrir cette porte, dans une maison où vous n’êtes entré qu’une fois ? demanda le juge d’instruction.

L’agent sourit d’un air bonhomme.

— Oh ! bien simplement, monsieur ; seulement, j’ai eu une idée.

— Sur ma foi, dit le juge, je serai heureux de la connaître.

— Oh ! mon Dieu ! je n’en tire aucun orgueil, je vous la donne pour ce qu’elle vaut, monsieur. On m’avait raconté l’histoire de cette maison ; qu’elle remontait à trois ou quatre siècles, qu’elle avait même, pendant un certain temps, servi de citadelle sous le règne de Charles le Mauvais, roi de Navarre, que sais-je encore ; bref, l’idée me vint qu’en fouillant les archives de la ville, je trouverais peut-être quelque chose se rapportant à elle.

— Vous avez fouillé et vous avez trouvé ?

— Tout juste, monsieur. J’ai trouvé deux plans de cette maison : l’un remontait au quatorzième siècle et portait la date de 1365, par conséquent sous le règne de Charles II le Mauvais, roi de Navarre ; l’hôtel de Garmandia était alors une citadelle ; le second plan était du seizième