Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/126

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VIII

OÙ L’ON VOIT LE PÈRE GUÉRIR LES BLESSURES
FAITES PAR LE FILS, ET CE QUI S’ENSUIVIT.


Nous reviendrons maintenant à Felitz Oyandi, le farouche montagnard, si longtemps la terreur et le tyran des jeunes gens de son âge, à vingt lieues à la ronde, et que nous avons abandonné après son combat contre Julian d’Hérigoyen, combat qu’il avait si hautainement provoqué et qui, à la surprise de tous les témoins de cette lutte, avait eu un résultat si contraire à toutes leurs prévisions.

Blessé, meurtri, fou de honte, de rage et de haine impuissante et presque évanoui, le vaincu avait été enlevé par ses amis et transporté sur un brancard construit à la hâte, dans la maison de son père, ferme importante, située à un ou deux kilomètres de Serres.

Cette ferme, de même que la plupart des habitations basques, était plutôt une demeure d’apparence féodale qu’un bâtiment destiné à une exploitation agricole.

C’était une lourde et massive construction en pierre de taille, d’apparence gothique, dont la porte de forme ogivale était surmontée d’écussons creusés dans le granit, et portant les armes de la famille.

Les murs d’une épaisseur extraordinaire, et fort élevés, étaient percés de rares fenêtres, très étroites, arrondies du haut et garnies de vitres enchâssées dans du plomb.

Le corps de logis était flanqué de deux ailes en retour et ayant chacune une espèce de tour assez haute, et coiffée, après coup, d’un toit pointu.

Située au sommet d’une colline dans une situation pittoresque et dominant au loin la campagne, cette maison avait dû, au moyen âge, être une forteresse redoutable