Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/148

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— Allons, bon ! s’écria-t-il tout à coup en jetant la lettre sur la table, avec une feinte colère ; j’en étais sûr ; que le bon Dieu te bénisse, va ! Une jolie affaire que tu me mets sur les bras !

— Moi, mon père s’écria le jeune homme avec surprise.

— Dame, qui donc ! fit-il en fronçant le sourcil ; il ne manquait plus que cela ; une affaire ! enfin, n’importe, mieux vaut en prendre bravement son parti !

— Mais de quoi s’agit-il donc, mon père ?

— Bon. À quoi servirait-il de te le dire, maintenant ? puisque tout est fini et qu’il n’y a plus à y revenir !

— Cependant, mon père, si cette affaire que j’ignore a été rompue par ma faute, à mon insu certainement, peut-être moi qui, parait-il, ai fait le mal, pourrai-je le réparer ?

— Je ne crois pas.

— Qui sait, mon père, en m’y prenant bien ?

— Voilà précisément où est l’enclouure, je crains que tu t’y prennes mal.

— Vous avez une triste opinion de moi, mon père, fit-il un peu sèchement.

— Eh non ! ce n’est pas cela, tu ne me comprends pas, je ne doute ni de ton intelligence ni de ton imagination, au contraire.

— De quoi doutez-vous donc alors, mon père ?

— Eh que sais-je, moi ? peut-être ne mettras-tu pas, pour renouer cette affaire, que je considère dès à présent comme complètement rompue, cette énergie, cette vigueur, ce dévouement en quelque sorte, qu’elle réclame.

— C’est donc bien difficile ?

— Hum ! plus que tu ne le crois, garçon.

— Mais encore, avant tout, il serait important que je susse ce dont il s’agit, il me semble !

— C’est vrai, et si tu veux absolument que je te mette au courant…

— Je le désire, mon père, car enfin, il doit exister un