Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/185

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Ce bonhomme était fou ; il avait voulu les effrayer et se moquer d’eux.

Jamais ils n’avaient été exposés à de plus grands dangers !

À peine avaient-ils gagné la grand’route, qu’ils aperçurent de nombreux paysans, suivant par groupe de trois ou quatre, et souvent davantage, la même direction qu’ils suivaient eux-mêmes. Tous étaient armés.

De temps en temps, d’autres paysans venaient à travers champs se joindre aux autres.

Parfois Julian avait eu la pensée de les interroger et de leur demander des renseignements sur la route qu’il voulait suivre.

Mais ces gens fixaient sur lui des regards d’une expression si étrange, que, de crainte de quelque avanie, il avait jugé prudent de s’abstenir de toute interrogation.

Quant à Bernardo, il avait recouvré toute sa gaieté ; il ne remarquait rien et ne s’occupait pas le moins du monde de tous ces gens qui marchaient tranquillement sur les deux côtés de la route et qui lui semblaient très inoffensifs.

Julian pressa son cheval dans l’intention d’atteindre le bourg le plus tôt possible.

Mais au moment où lui et Bernardo tournaient un coude de la route, ils se trouvèrent à l’improviste enveloppés par une foule d’individus armés qui les sommèrent de s’arrêter et de mettre pied à terre.

Toute résistance était impossible ; les deux voyageurs étaient entourés par une véritable armée.

Ils obéirent, non sans protester ; ils demandèrent ce qu’on leur voulait, et de quel droit on les arrêtait ainsi sur la grande route, quand ils passaient tranquillement leur chemin.

— Tranquillisez-vous, messieurs, dit un homme assez bien mis paraissant être un des chefs de ce rassemblement formidable ; nous ne sommes pas des voleurs, et encore moins des assassins ; nous ne vous arrêtons que parce qu’il nous importe que vous ne nous précédiez pas