Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/189

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cette nouvelle, qui servit, avec tant d’autres aussi véridiques, à grossir la légende de la Jacquerie de 1851.

Le 10 décembre au matin, une colonne mobile, forte de deux cents hommes d’infanterie et de cinquante chevaux, se présenta devant Z…

Arrivé au pont de S…, le colonel de M…, qui commandait, divisa sa troupe en deux détachements, qui cernèrent le bourg à la faveur du brouillard.

Les habitants ne firent aucune résistance. Quelques-uns essayèrent de fuir vers la campagne. On les poursuivit à coups de fusil, plusieurs furent tués et un plus grand nombre blessés.

Plus tard, la commission mixte et le conseil de guerre firent leur œuvre.

La malheureuse bourgade fut décimée par les déportations.

Tel est le récit exact et impartial des événement de Z… en 1851.

Nous avons transcrit littéralement le compte rendu écrit par M. E. Tenot ; nous ne faisons pas de politique dans nos ouvrages, mais lorsque l’histoire se rencontre sous notre plume, nous l’accueillons sans commentaires, laissant la responsabilité des faits à la charge de ceux qui s’en rendirent coupables.

Nous reviendrons maintenant à nos deux personnages, que nous avons oubliés trop longtemps.

Ils avaient suivi les insurgés jusque sur la place. Arrivés là, le chef leur avait dit qu’ils étaient libres d’aller où bon leur semblerait, et, leur indiquant du doigt une auberge :

— Vous ferez bien d’entrer chez Petiteau, leur dit-il, c’est le meilleur et le plus consciencieux de tous les aubergistes de la ville. Vous y serez bien traités, et vous attendrez tranquillement que le calme soit rétabli, puis vous continuerez votre voyage.

— Pourquoi ne le continuerions-nous pas tout de suite ? demanda Julian.

— Cela vous regarde, reprit le chef insurgé, les routes