Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/209

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Il se forma donc un groupe compact qui remplit presque tout le gaillard d’avant.

La nuit était sombre, il n’y avait pas une étoile au ciel.

Heureusement, la brise était tombée au coucher du soleil et la mer était presque calme. La brise remplissait les voiles, mais c’était tout.

Les deux Basques avaient réussi à se glisser dans les porte-haubans sans être aperçus.

Tous deux étaient en tenue de nage : pantalon de toile, chemise, ceinture et les pieds nus.

Julian avait solidement amarré une corde dont l’extrémité trempait dans l’eau.

Au moment où le timonier frappa un coup double, signifiant sept heures et demie, sur la cloche, Julian se laissa glisser doucement à la mer, sans produire le plus léger bruit.

Bernardo le suivit sans hésiter avec le même succès.

Tous deux alors nagèrent dans l’ombre épaisse produite par les voiles, mais en ayant le soin de s’éloigner de la frégate, qui sans cette précaution aurait passé sur eux, car ils s’étaient mis à la mer sous le vent, le côté du vent étant interdit aux transportés.

Les dix premières minutes se passèrent sans encombre.

Les deux hommes nageaient de conserve sans se presser.

Ils avaient laissé bien loin devant eux la frégate qu’ils ne distinguaient plus que difficilement au milieu des ténèbres opaques qui les enveloppaient.

— Fais la planche pour te reposer un peu, dit Julian à son ami.

Celui-ci obéit ; Julian l’imita.

Puis, après deux ou trois minutes, ils se remirent à nager.

Cela alla bien pendant quelque temps, mais bientôt la respiration de Bernardo devint sifflante, ses mouvements perdaient de leur régularité.