Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/229

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Il se leva et marcha à grands pas vers la porte.

— Que voulez-vous faire ? demanda l’hôtelier.

— Ouvrir la porte.

— Prenez garde, peut-être sommes-nous épiés ? dit le Canadien.

— C’est ce dont je vais m’assurer, répondit Cœur-Sombre froidement.

Il leva les barres, retira les verrous et tourna la clé ; la porte s’ouvrit.

Un spectacle magnifique s’offrit alors aux regards charmés des aventuriers :

Une lueur transparente et d’un blanc laiteux éclairait le ciel, et se reflétait avec des ombres fantastiques d’un ton cru sur les arbres géants, dont les branches et les troncs eux-mêmes étaient garnis de lichens et de mousses qui flottaient comme de longues chevelures aux caprices de la brise nocturne.

Un brouillard grisâtre, mais essentiellement subtil, planait sur tout le paysage.

C’était une aurore boréale, phénomène assez fréquent dans ces contrées.

On distinguait les moindres objets à une très grande distance.

Il fut facile aux trois hommes de s’assurer que les alentours de la cabane étaient déserts.

Ils allaient rentrer et fermer la porte, lorsque tout à coup un hennissement éloigné traversa l’espace et les fit tressaillir.

Puis, quelques secondes plus tard, un bruit continu, ressemblant aux roulements d’un tonnerre lointain frappa leurs oreilles.

— C’est un galop de chevaux, dit Cœur-Sombre.

— Ils se rapprochent rapidement, appuya Main-de-Fer.

— Que faire ? murmura l’hôtelier.

— Rentrer d’abord, nous verrons ensuite.

La porte fut aussitôt refermée et solidement barricadée.