Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/231

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Quelques minutes s’écoulèrent.

On entendait maintenant très distinctement le galop des chevaux ; ils arrivaient avec une rapidité foudroyante.

Ils ne tardèrent pas à pénétrer dans la clairière.

Bientôt ils firent halte à demi-portée de fusil au plus devant l’auberge.

Puis, presque aussitôt, plusieurs hommes mirent lourdement pied à terre et échangèrent entre eux quelques phrases brèves en espagnol.

Ils parlaient à voix haute et ne semblaient nullement se soucier d’être entendus ou non.

Le Canadien s’approcha doucement de Cœur-Sombre.

— Eh bien ! les reconnaissez-vous ? lui demanda celui-ci.

— Oui, répondit l’hôtelier d’une voix sombre, c’est la troupe du Mayor.

— Ah ! murmura le chasseur avec un accent singulier, je vais donc enfin connaître cet homme !


II

COMMENT CŒUR-SOMBRE ET LE MAYOR SE TROUVÈRENT
EN PRÉSENCE ET DE CE QU’IL ADVINT.


Il y eut un instant de silence relatif au dehors.

On chuchotait à voix basse et on semblait se consulter.

Les chevaux renâclaient, ébrouaient et creusaient de leurs sabots la terre durcie par le froid.

Au loin, dans le fond des mornes, on entendait les glapissements ironiques des coyotes.

Le vent d’ouest se levait et commençait à courir à travers les branches des hauts cyprès géants, qu’il faisait s’entrechoquer avec de mystérieux murmures.

Dans l’auberge, pas un bruit ; silence calme et profond.