Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/234

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Mais le Canadien avait rassuré sa femme d’un mot, et lui avait intimé l’ordre de ne plus revenir quoi qu’elle entendit.

La pauvre femme avait poussé un soupir, mais elle s’était retirée aussitôt, et avait soigneusement refermé la porte derrière elle.

Des coups retentirent fortement appliqués sur la porte.

Les chiens s’élancèrent en aboyant à pleine gueule.

— À bas ! à bas ! allez coucher ! à bas ! ici Bonhomme ! ici Sahourah ! cria le Canadien d’un ton de menace.

On continuait à frapper contre la porte.

Le Canadien se leva et se rapprocha.

— Holà ! dit-il, qui frappe ainsi, à pareille heure ?

— Ouvrez, ce sont des amis, répondit-on du dehors.

— Les amis sont rares, même en plein jour, dans la savane, reprit le Canadien en ricanant ; ils doivent être bien plus rares encore pendant la nuit ; passez votre chemin.

— Ouvre, bribon, je suis le Mayor ; ne reconnais-tu pas ma voix ? répondit-on du dehors.

— Bon ! le Mayor est loin, s’il galope toujours, fit le Canadien riant ; d’ailleurs, je ne reconnais rien à travers une porte. D’ailleurs, comment serait-ce le Mayor ? puisque hier, en me quittant, il m’a assuré qu’il ne reviendrait pas de ce côté avant un mois.

— Ouvre, mil demonios ! si tu ne veux pas que je fasse jeter ta porte maudite en dedans.

— Pensez-vous donc que je vous laisserai faire ? Je ne suis pas seul chez moi. Sans parler de mes fils qui sont arrivés ce matin, j’ai plusieurs voyageurs prêts à me défendre si l’on m’attaque.

— Qui parle de t’attaquer, imbécile ? N’as-tu pas une franchise ? Ah çà ! est-ce que la peur te rend idiot au point de ne pas reconnaître tes amis ? Ouvre ta porte ! te dis-je. Tu n’as rien à craindre de nous, ou, si tu le préfères, entr’ouvre une fenêtre, et tu pourras t’assurer que je ne te mens pas.

— C’est bon mais avant, chers amis inconnus, veuil-