Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/250

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Celui-ci, naturellement, ne se doutait pas le moins du monde qu’il était surveillé par ces deux redoutables espions.

Felitz Oyandi était devenu un profond scélérat.

À la suite de quels événements s’était-il vu dans l’obligation de se faire attacher à l’intendance de l’armée expéditionnaire française au Mexique ?

Comment avait-il été amené à contracter alliance avec un exécrable bandit comme le Mayor ?

Par quelle mystérieuse affinité ces deux gredins s’étaient-ils reconnus et avaient-ils, de compte à demi, conçu et presque exécuté un crime horrible ?

C’est ce que nous ne pouvons dire en ce moment.

Mais ce que nous devons constater, c’est que Felitz Oyandi redoutait surtout d’être livré aux autorités françaises, qui ne lui feraient d’autre grâce que de le faire fusiller, ce dont le bandit ne se souciait pas le moins du monde.

Mais, à part cette crainte bien naturelle d’une mort infamante, en ce moment Felitz Oyandi en éprouvait une plus grande encore, s’il est possible.

Quel était ce mystérieux adversaire, si malencontreusement retrouvé au milieu du désert, à cinquante ou soixante lieues de toute terre habitée ?

D’où lui venait cet ennemi qui parlait la langue basque, si difficile cependant, aussi bien qu’il la parlait lui-même ? qui connaissait sa vie dans tous ses détails, et avait déclaré vouloir être sans pitié pour lui ?

Dans sa carrière de crimes, déjà très longue, Felitz Oyandi avait amassé tant de haines autour de lui, jonché sa route de tant d’ennemis, qu’il lui devenait impossible de reconnaître celui qui se révélait ainsi à l’improviste.

Mais, reconnu ou non, sa résolution n’en fut pas moins prise aussitôt : se débarrasser de lui, n’importe par quel moyen, si l’occasion s’en présentait, et s’échapper après.