Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/251

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Mais, pour atteindre ce but, il lui fallait d’abord une occasion, et il avait bien peu de temps devant lui, puis se délivrer de ses liens.

Ces deux points obtenus, l’affaire marcherait toute seule, puisqu’à quelques pas de lui seulement gisaient, réunies en monceau, toutes les armes abandonnées par les bandits mexicains avant de quitter l’auberge.

Provisoirement, comme on dit vulgairement, Felitz Oyandi jugea à propos de faire le mort.

Plusieurs heures s’écoulèrent sans qu’il fit un mouvement, demeurant les yeux fermés et feignant de dormir.

Cœur-Sombre, assis près de la table devant la cheminée, lui tournait presque le dos.

Le chasseur s’était d’abord absorbé dans ses réflexions, puis il avait appuyé le coude sur la table, avait machinalement posé la tête dans la main, et finalement il avait cédé à la fatigue et s’était laissé aller au sommeil.

C’était l’occasion qu’attendait le bandit ; il la saisit aux cheveux avec empressement.

Doucement, d’une manière presque imperceptible, par des mouvements admirablement calculés et sans produire le plus léger froissement, il s’était mis à ramper, comme un serpent, vers l’amas d’armes abandonnées.

Il lui fallut près d’une heure pour accomplir ce trajet de six ou huit pas.

Mais le Basque était patient : et puis, du résultat de cette tentative dépendait pour lui la vie ou la mort, et surtout le succès de sa vengeance.

Aussi n’eut-il pas une seconde de faiblesse ou d’hésitation.

Enfin, il toucha l’amas des armes.

Il s’arrêta un instant.

Il était accablé de fatigue, à cause des efforts qu’il avait faits.

Felitz Oyandi avait été garrotté depuis les épaules jusqu’aux pieds, les bras collés au corps, au moyen d’un lasso en cuir tressé.