Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/252

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Il était, selon l’expression maritime un peu vulgaire sans doute, mais caractéristique, il était ficelé comme une carotte de tabac, et si fortement serré que sa respiration en était gênée.

Les armes laissées par les Mexicains étaient toutes des armes à feu, rifles, fusils, carabines, revolvers et pistolets.

Mais heureusement, parmi ces armes se trouvaient deux machetes et deux poignards, enlevés au Mayor et à lui-même lors de leur arrestation.

C’était un machete que Felitz Oyandi pouvait atteindre.

Le machete mexicain est une espèce de sabre-poignard, à lame très large, que les rancheros portent sans fourreau, passé dans un anneau de fer.

Les deux machetes et les poignards avaient été jetés sur le monceau d’armes ; ils étaient assez difficiles à atteindre.

Mais le prisonnier ne désespéra pas.

Après s’être reposé pendant cinq ou six minutes, comme la plus complète tranquillité continuait à régner dans la salle, il recommença ses efforts mais cette fois dans le but de faire descendre un machete jusqu’à lui.

Enfin, après bien des tentatives infructueuses, il réussit à en faire venir un jusqu’à ses pieds.

Ce résultat obtenu, il reprit haleine.

Le plus difficile restait à accomplir.

Il s’agissait de réussir à mettre ce machete droit sur un des coupants.

C’était une question d’équilibre.

Il y parvint en engageant fortement la poignée du machete sous les autres armes.

La sueur lui coulait sur le visage et lui obscurcissait la vue.

Pour comble de malheur, la lampe s’éteignit en ce moment.

Le prisonnier se trouva alors dans une obscurité presque complète, n’ayant plus pour s’éclairer et se guider