Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/270

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Elle paraissait à peine vingt-six ans, bien qu’en réalité elle eût bien davantage.

Elle était grande, svelte, admirablement faite, blonde avec des yeux noirs et d’une beauté sympathique et rêveuse, qui avait quelque chose de triste et de touchant à la fois.

Cette dame portait une espèce d’amazone taillée à peu près comme celle des chasseresses de la cour Louis XV, mais encore un peu plus féminine.

Un large chapeau mexicain la garantissait des ardents baisers du soleil.

Son ceinturon de cuir fauve supportait un couteau de chasse et deux mignons revolvers.

Elle maniait son cheval, magnifique mustang des prairies, avec une habileté remarquable.

À sa gauche se tenait sa camériste, à peu près du même âge qu’elle, fort jolie, avec une physionomie mutine et espiègle.

Cette camériste était à peu près vêtue comme sa maîtresse, mais moins richement, et elle ne portait pas d’armes.

À la droite de la dame venait un enfant, son fils, âgé de treize ans à peine, mais en paraissant quatre ou cinq de plus, à cause du développement extraordinaire de sa taille, de la vigueur et de l’adresse qu’il déployait à la moindre occasion, soit pour franchir un obstacle, soit pour maintenir son cheval, animal plein de feu et d’humeur inquiète qu’il fallait un poignet de fer pour diriger.

L’expression à la fois fine, intelligente, et surtout hautaine de la physionomie expressive et caractérisée de ce jeune homme, dénotait chez lui une précoce expérience de la vie et une intelligence fort au-dessus de son âge.

Il ressemblait beaucoup à sa mère dont il était adoré, et pour laquelle il éprouvait une tendresse à toute épreuve.

La troupe, guidée par les guerriers comanches, continua à marcher jusque vers onze heures du matin.

À ce moment, la chaleur commençant à devenir insup-