Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/275

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— Bah ! que voulez-vous qui m’arrive ! N’ai-je pas Dardar avec moi ?

— C’est vrai, dit le Canadien en flattant le chien, qui se laissa faire, en remuant la queue ; c’est un bon compagnon et un rude défenseur ; je n’ai jamais vu un animal aussi beau, aussi bon et aussi intelligent. À bientôt, monsieur Armand !

— À bientôt ! dit le jeune homme en lui serrant la main.

Et, toujours suivi par son chien, il s’enfonça sous le couvert, où il disparut.

— Oui, murmura le Canadien en suivant le jeune homme du regard, ce sera un rude chasseur, et si riche avec cela ! une vraie mine d’or. Et il ne s’en fait pas accroire ; il est bon et aimable avec tout le monde. Que Dieu le garde, ainsi que sa mère ! ce sont de braves et dignes personnes.

Ayant ainsi parlé, le Canadien reprit sa faction.

Madame la comtesse de Valenfleurs habitait depuis quelques années seulement l’Amérique.

Elle avait toujours vécu fort retirée, depuis son arrivée aux États-Unis.

D’abord à New-York, où elle habitait sur Broadway une magnifique maison lui appartenant.

Puis elle était passée au Canada, où elle avait acheté une fort belle propriété aux environs des « Trois-Rivières. »

On savait fort peu de choses sur son compte.

Elle n’allait pas dans le monde, ne recevait pas de visites, ce qui arrêtait net tous les commentaires que l’on aurait pu faire sur elle.

Cependant, comme il faut toujours que l’on parle, voici ce que l’on disait sur elle :

La comtesse de Valenfleurs, restée veuve après un an de mariage, s’était vouée à l’éducation de son fils, qu’elle aimait beaucoup en souvenir de son mari, que, prétendait-on, elle pleurait encore.

Des raisons fort graves que l’on ignorait l’avaient obli-