Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/276

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gée à s’expatrier, alors que son fils avait à peine cinq ou six ans.

Deux personnes seulement l’accompagnaient, sa camériste, en même temps sa sœur de lait, nommé Clara, et un parent de celle-ci nommé Jérôme Desrieux, homme de trente-deux ans au plus, ancien zouave, d’une bravoure à toute épreuve : elle en avait fait son intendant, et elle avait en lui une entière confiance.

Ces deux personnes étaient dévouées à la comtesse, dont elles ne se séparaient jamais ; elles ne parlaient jamais de leur maîtresse qu’avec vénération.

On avait vainement essayé d’obtenir par elles des renseignements sur la comtesse.

Trois mois à peu près avant le jour où nous la rencontrons en pleine apacheria, madame de Valenfleurs avait reçu de France une lettre renfermant sans doute des nouvelles d’une haute importance, car elle avait aussitôt fait les préparatifs d’un long voyage.

Elle avait engagé des coureurs des bois canadiens, loué des domestiques ou peones, et s’était mise en route pour le Mexique, sans même révéler aux quelques personnes de son intimité les causes et le but de son voyage, qui était ainsi demeuré secret.

En arrivant sur le territoire indien, elle avait engagé, en qualité de guide, trois guerriers comanches, sur la recommandation de Charbonneau, dont ils étaient connus.

Deux jours avant celui où nous avons rencontré la comtesse, elle s’était séparée de Jérôme, qui était parti en avant en compagnie d’un des guerriers comanches, chargé, selon toute apparence, d’une mission importante, mais que, seuls, la comtesse et lui connaissaient.

Voilà tout ce qui avait transpiré dans le public sur madame de Valenfleurs.

Ce n’était pas beaucoup.

Aussi, a New-York et aux Trois-Rivières, la curiosité était-elle extrême.

Armand de Valenfleurs, ce charmant enfant que nous avons vu si amicalement causer avec Charbonneau, s’était