Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/277

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enfoncé sous bois, en compagnie de son chien Dardar.

Le jeune homme, en proie à ce besoin de mouvement si naturel à son âge, et ne se sentant pas la plus légère disposition au sommeil, n’osant pas avouer à sa mère son envie de promenade de crainte de l’effrayer, avait attendu qu’elle fût endormie pour se lever et s’échapper de la tente.

Il n’avait pas l’intention de chasser.

Ce qu’il voulait, c’était marcher et tromper le temps en prenant de l’exercice.

Il marchait donc nonchalamment à travers bois, le fusil sous le bras, et regardant autour de lui tout ce qui s’offrait à ses yeux sans y attacher autrement d’importance.

D’ailleurs, à cette heure chaude de la journée, la chasse, s’il l’avait essayée, n’aurait pas été fructueuse.

Le gibier à poil, accablé par la chaleur, dormait au remisage, et les oiseaux, blottis au plus épais de la frondaison, dormaient la tête sous l’aile.

Le bruit seul des pas du jeune homme troublait le calme profond de la solitude ensommeillée.

Il n’y avait pas le plus léger souffle dans l’air.

Arbres et plantes étaient immobiles et semblaient, eux aussi, se livrer au repos, en attendant la fraîcheur bienfaisante de l’après-dîner.

Seules des myriades de moustiques et de maringouins tournoyaient fiévreusement en bourdonnant dans chaque rayon de soleil qui avait réussi à percer l’épaisseur du feuillage.

Armand avait ainsi fait près d’une lieue, en errant à l’aventure, sans que rien n’eût encore sérieusement attiré son attention.

Il se préparait à revenir sur ses pas, et à reprendre le chemin du campement, lorsque Dardar, qui marchait un peu en avant de lui en éclaireur, s’arrêta subitement sur ses jarrets, en relevant la tête et en aspirant l’air avec force.

Puis il se retourna vers son maître, le regarda fixement de son œil presque humain, et fit entendre une de ces