Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/285

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mit légèrement à califourchon, jambe de ci, jambe de là, à la mode mexicaine.

Dès qu’elle sentit la fillette solidement installée sur son dos, Jaguarita se releva en hennissant de plaisir.

Cette petite scène, si simple en apparence, n’avait duré que deux ou trois minutes au plus ; elle avait charmé Armand à cause de la décision mutine de la jeune fille, de l’obéissance et de la douceur de la jument, qui se prêtait si bénévolement à tous ses caprices.

— Maintenant, mon ami, nous partirons quand tu voudras, dit Vanda avec un mignon sourire ; marche en avant pour m’indiquer la route, je te suivrai.

— Non, répondit le jeune homme en riant, je resterai derrière toi pour te défendre si besoin est ; c’est Dardar qui marchera en avant.

— Comme il te plaira, ami ; tu es mon grand-frère, je dois t’obéir.

— Sois tranquille, petite sœur, je n’exigerai jamais rien de toi qui ne soit juste.

Et, s’adressant à Dardar, du même ton qu’il eût parlé à un homme :

— Passe devant, mon garçon, lui dit-il, nous retournons au campement.

Le molosse fit deux ou trois bonds joyeux autour du cheval, avec lequel il semblait être déjà dans les meilleurs termes, il remua la queue, passa de l’arrière-garde à l’avant-garde, et après avoir retourné la tête pour voir si on la suivait, il prit un trot relevé.

Le cheval le suivit aussitôt, et Armand, le fusil sur l’épaule, ferma la marche.

La distance n’était pas longue, du fourré où s’était abrité la fillette au campement des voyageurs.

Il y avait une lieue à peine : cette fois on marchait d’un pas allongé ; en moins de vingt minutes, elle fut franchie, et l’on atteignit la clairière…

Tout le monde dormait encore.

— Eh ! s’écria Charbonneau en sortant de son embus-