Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/289

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


La comtesse, Vanda, la camériste, Armand et Dardar pénétrèrent alors sous la tente dont le rideau retomba derrière eux.

Dardar se coucha aux pieds de son maître, mais ses regards demeurèrent fixés sur ceux de l’enfant avec une indicible bonté.

Le premier soin des deux femmes fut de présenter des rafraîchissements à la fillette, mais elle n’avait ni faim ni soif.

Elle n’avait besoin que de caresses, elles ne lui manquèrent pas.

La comtesse et sa camériste la mangeaient littéralement de baisers que, du reste, la petite câline rendait avec usure.

— Comment as-tu trouvé cette chère petite ? demanda enfin madame de Valenfleurs à son fils.

— Oh ! bien simplement, ma mère ; d’ailleurs je ne puis revendiquer l’honneur de cette découverte, elle ne m’appartient pas.

— À qui donc appartient-elle alors ?

— À Dardar, à mon brave chien tout seul — et il le flatta. L’enfant était si bien cachée que je serais vingt fois passé devant elle sans l’apercevoir, si Dardar ne m’avait donné non-seulement l’éveil, mais encore ne m’avait conduit près d’elle.

— Bien, Dardar, bien, mon bon chien, dit la comtesse.

— Viens près de moi, Dardar, dit Vanda.

Le chien obéit et alla se coucher à ses pieds.

Au bout de cinq minutes, l’enfant et le molosse jouaient et se roulaient ensemble.

— L’enfant dormait, continua le jeune homme. La jument veillait sur son sommeil, prête à la défendre contre toute attaque. En m’apercevant, elle hennit et alla se placer d’un air de défi devant l’enfant. La petite s’éveilla. Au bout de quelques secondes, nous étions les meilleurs amis du monde, et elle consentait à me suivre ici.