Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/313

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« Embusquez-vous dans une forte position, s’il est possible.

« Je vous envoie Tahera, c’est un brave guerrier, vous pouvez compter sur lui ; il m’a assuré qu’il découvrirait votre campement, et que vous auriez ce billet cette nuit de bonne heure ; Dieu le veuille !

« Votre tout dévoué serviteur.

« Jérôme Desrieux, dit Marteau.
« Hacienda del Paraiso,
7 mai 1865, 11 heures du matin. »

— Vous avez entendu, ajouta-t-elle en repliant la lettre et s’adressant au Canadien.

— Oui, madame la comtesse, répondit-il ; aussi vous le voyez, nos précautions sont prises. Je me méfiais de quelque diablerie, notre voyage avait été trop paisible jusqu’à présent ; nous ferons bonne garde, madame la comtesse. Maintenant, M. Marteau arrivera-t-il à temps, voilà la question.

— Pourquoi n’arriverait-il pas à temps, mon ami ?

— Pour bien des raisons, madame la comtesse, d’abord nous sommes au moins a dix lieues de l’Hacienda del Paraiso. Je connais sa position exacte ; de plus notre ami ne sait pas où nous sommes en ce moment ; il perdra beaucoup de temps à nous chercher, et si, comme je le crains, nous sommes attaqués dans une heure ou deux, au plus tard, nous aurons fort à faire : nous ne sommes que douze hommes en tout ; il est vrai que la position est solide, et qu’il faudra beaucoup de temps pour nous tuer tous. Mais c’est égal, dès qu’il fera jour, nous aurons fort à faire, je le répète.

— Nous ne sommes pas douze, mais quatorze, dit-elle d’un ton de bonne humeur, mon fils et moi nous ne vous laisserons pas combattre seuls ; mais je crois que vous ferez bien, avant tout, d’interroger le brave Tahera ; il nous donnera sans doute un bon conseil.

Cette conversation avait eu lieu en espagnol, par con-