Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/34

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— Qui vous empêche de rentrer comme vous êtes sortie, madame ? demain quand vous vous lèverez personne ne soupçonnera votre absence de quelques heures.

— C’est vrai ! cela est facile, ou du moins serait facile, si j’étais à Saint-Jean-de-Luz mais, hélas ! je n’y suis pas ?

— Que cela ne vous inquiète pas, madame ; reposez-vous pendant quelques instants encore, je vous conduirai moi-même à Saint-Jean-de-Luz dans ma voiture ; je vous promets que vous serez rentrée dans votre demeure avant minuit.

— Oh ! soyez béni, monsieur, pour tout ce que vous faites pour moi.

— J’accomplis un devoir précieux pour moi, madame, tranquillisez-vous donc ; tout ce que vous aurez souffert ne sera plus pour vous qu’un mauvais rêve, ajouta-t-il en souriant.

— Laissez-moi vous dire qui je suis, monsieur, afin que vous sachiez à qui vous avez si noblement sauvé la vie.

— Oh ! madame !

— Je le désire, monsieur ; puis-je avoir des secrets pour vous ? Je me nomme Léona de Verneuil, marquise de Garmandia.

— Et quoi, madame, vous seriez…

— Hélas, oui, monsieur, et, croyez-le bien, je ne serai pas ingrate.

— Madame…

— Comprenez-moi bien, dit-elle en lui tendant la main avec un délicieux sourire, je veux être une fille pour vous, monsieur, et une sœur pour votre fils. Me refuserez-vous ?

— Julian, dit le docteur en s’adressant à son fils, peut-être afin de dissimuler la douce émotion qu’il éprouvait, tu devais, m’as-tu dit, te rendre à la veillée ; il est important qu’on t’y voie, afin de détourner tous soupçons. Je n’ai plus besoin de toi ici. Prends congé de madame et va là-bas, fils ; je serai de retour quand tu rentreras.

— Je vous obéis, père, répondit Julian.