Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/359

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La comtesse tressaillit et se retourna vivement vers le chasseur, qu’elle regarda un instant avec une surprise triste.

Peut-être allait-elle lui demander l’explication de ses dernières paroles.

Mais, au même instant, Jérôme Desrieux s’approcha de sa maîtresse et la salua.

La comtesse l’interrogea du regard.

— Madame la comtesse, lui répondit-il alors, nous ne sommes plus qu’à une heure à peu près de la Florida, et voici là-bas devant nous des cavaliers qui semblent venir à notre rencontre. Quels sont vos ordres ?

— Allez les reconnaître avec quelques chasseurs ; et si ces cavaliers sont ce que vous supposez, faites-leur mes compliments et présentez-les-moi.

L’ex-zouave salua, tourna bride et repartit ventre à terre.

La comtesse jeta un regard autour d’elle.

Les deux chasseurs la suivaient toujours.

Mais ils ne marchaient plus sur la même ligne qu’elle.

Ils semblaient tristes et embarrassés.

— J’ai commis une faute, murmura-t-elle.

Puis, après un instant, elle ajouta avec un fin sourire :

— Mais, grâce à Dieu, dans quelques instants il me pardonnera !


IX

COMMENT LE CŒUR-SOMBRE RÉSOLUT TOUT À COUP DE POUSSER UNE POINTE DANS LE DÉSERT, AFIN DE NE PAS ACCOMPAGNER PLUS LONGTEMPS LA COMTESSE.

La Florida s’élevait et probablement s’élève encore sur le sommet d’une haute colline, dernier contrefort d’une ramification de la sierra de San José, dont les pics bizarrement découpés et couverts de neiges éternelles semblent s’enfoncer dans les nuages.