Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/371

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dero, en se mêlant, pour la première fois, à la conversation, les Peaux-Rouges sont seuls capables de mener à bien une semblable entreprise.

— Soit, dit-elle, priez les éclaireurs de venir, Jérôme.

L’intendant tourna bride.

— Surtout, ne leur parlez pas d’argent, madame ; les Comanches sont fiers : intéressez leur orgueil, dit le Canadien.

— Si vous le permettez, madame la comtesse, je dirai, moi aussi, quelques mots. Ces gens m’estiment, et je crois avoir une certaine influence sur eux.

— Je vous serai très obligée, senor caballero, dit la comtesse avec un charmant sourire.

En ce moment, les trois Comanches arrivaient amenés par Jérôme.

En apercevant l’haciendero, ils sautèrent à bas de leurs chevaux, se dirigèrent vers lui et s’inclinèrent à plusieurs reprises avec les marques du plus profond respect, les bras croisés sur la poitrine.

Don Cristoval sourit et s’approcha d’eux.

Il leur rendit leur salut, et adoptant la langue indienne :

— Je suis heureux de voir mes fls, dit-il. Tahera, Patôhé et Mach-elt-Hack sont des guerriers braves ; ils ont rendu de grands services à ma fille pâle. Je les remercie au nom du Wacondah. Ma fille pâle désire leur demander un nouveau service. J’ai répondu de mes fils ; d’aussi grands guerriers ne me feront pas mentir.

— Mon père parle bien, répondit Tahera au nom de tous. Les paroles que souffle sa poitrine arrivent pures sur ses lèvres. Il n’y a pas de peau sur son cœur ni sur le cœur de ses enfants. Ce qu’il désire, les guerriers le feront par amour pour lui, qui est leur père, et par respect et dévouement pour la senora aux yeux de gazelle, qui est bonne et sage comme la vierge des dernières amours.

— Parlez sans crainte, madame, dit alors l’haciendero je vous réponds du dévouement à tout épreuve de ces braves guerriers.

— Je vous remercie, senor, et je les remercie. Je