Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/388

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— Comme tu voudras ; mais maintenant que comptes-tu faire ?

— Tu me le demandes ? La sauver à tout prix.

— Très bien ! alors, je crois que nous ferons bien de tenir un conseil médecine, afin de bien nous entendre.

— Je ne demande pas mieux, tenons un conseil médecine ; seulement, arrangeons-nous de façon à ce qu’il ne dure pas longtemps.

Sans plus discourir, ils s’assirent alors en face l’un de l’autre.

Puis ils bourrèrent leurs calumets indiens et ils les allumèrent.

Après avoir fumé pendant quatre ou cinq minutes sans échanger un mot, Main-de-Fer dit à son ami :

— C’est à toi de parler d’abord, va, je t’écoute.

— Soit, répondit Cœur-Sombre, j’ai le pressentiment que cette lettre sans suscription et sans signature est écrite par notre ennemi Felitz Oyandi, à notre autre ennemi le Mayor.

— Cette supposition me semble assez logique ; cependant je te ferai observer que Felitz Oyandi ne connaît pas la comtesse.

— Tu te trompes, il la connaît fort bien ; d’ailleurs, en s’attaquant à elle, c’est de moi qu’il prétend se venger.

— Non, tu es dans dans l’erreur : Felitz Oyandi peut à la rigueur connaître la comtesse, mais certainement il ignore les relations qui existent entre elle et toi.

— Pourquoi les ignorerait-il ?

— Pour cent mille raisons ; d’abord… Hein, qu’est-ce encore ? s’écria-t-il en jetant un regard inquisiteur autour de lui.

Le sifflement du cobra capel venait de se faire entendre à peu de distance sous le couvert.

Les deux chasseurs saisirent leurs armes et, d’un bond, ils s’embusquèrent derrière un arbre.

Après un instant, le sifflement fut répété et immédiatement suivi du cri de l’épervier d’eau.

— Ce sont des amis, dit Cœur-Sombre.