Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/389

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Il quitta son embuscade, et, appuyant la crosse à terre, il leva la main droite la paume retournée en avant et les doigts réunis.

Au même instant, un Indien bondit dans la clairière, les mains en croix sur la poitrine.

— Tahera ! dit-il d’une voix gutturale : Comanche.

Les deux chasseurs s’approchèrent alors ; et comme ils remarquèrent que le peau-rouge était sans armes, ils laissèrent tomber les leurs sur le sol.

— Tahera est un ami, dit Cœur-Sombre ; il est le bienvenu près de ses amis les chasseurs. Mon frère est-il seul ?

— Non, deux guerriers l’accompagnent.

— Ils sont les bienvenus, reprit le chasseur.

Tahera s’inclina et prononça ce seul mot presque demi-voix :

Watchah !

Aussitôt les buissons s’écartèrent, et, d’un bond, deux guerriers comanches vinrent se placer près de Tahera.

— Pourquoi les guerriers ont-ils abandonné leurs armes dans les buissons ? Qu’ils les reprennent, et viennent fumer avec leurs amis en conseil.

Tout en parlant ainsi du ton le plus affectueux, Cœur-Sombre avait été s’asseoir à son premier campement, en compagnie de Main-de-Fer.

Les Indiens les suivirent, après avoir repris leurs armes, et s’accroupirent près d’eux.

Les calumets furent allumés.

Tout en fumant, les Indiens regardaient autour d’eux avec une certaine curiosité, sans cependant se permettre la moindre interrogation.

— Mes frères sont les bienvenus, dit enfin Cœur-Sombre, la poudre a chanté dans la savane, les guerriers n’ont-ils rien entendu ?

— Les Apaches chassaient un homme blanc, répondit Tahera. Les Comanches ont vu, ils ne sont pas des taupes. Les Apaches sont des chiens courants, braves contre un homme seul.