Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/390

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— L’homme est là, dit laconiquement le chasseur en désignant d’un geste la fosse nouvellement comblée.

— Le visage pâle n’est pas mort sans vengeance : les Comanches ont ramassé sept chevelures dans la forêt, dit un des guerriers. Quand le visage pâle arrivera sur les territoires de chasse de son peuple, le Wacondah dira : « C est bien ; mon fils est un guerrier, il est mort en brave. »

— Les amis de sa couleur ont aidé à sa vengeance, dit un autre.

Cœur-Sombre sourit sans répondre.

— Les coups de feu ont guidé les guerriers comanches, dit Tahera ; ils ont vu fuir les chiens apaches, et ils sont venus près de leurs amis les chasseurs.

— Je remercie mes frères ; il sont en chasse, eux aussi, sans doute ? dit Cœur-Sombre.

— Non ; les guerriers étaient a la recherche des chasseurs. Ils les ont rencontrés, leurs cœurs se réjouissent.

— Vous étiez sur notre piste ? demanda Cœur-Sombre avec surprise.

— Oui, les guerriers servent d’éclaireurs à la troupe de la Rose-Églantine-des-Bois. Tahera porte un collier de la femme pâle, aux yeux de gazelle.

Il retira de sa ceinture le portefeuille que lui avait confié la comtesse, et il le remit au chasseur.

— Celui-ci ouvrit le portefeuille, lut la lettre, et la passa à son ami sans prononcer un mot.

— Elle nous appelle ; elle a besoin de nous. Il faut partir ! dit Main-de-Fer.

— Un grand danger la menace ; plus de fausse honte, dit résolument Cœur-Sombre.

— Ni de rancune, ajouta Main-de-Fer en souriant.

— Que disent les chasseurs ? reprit Tahera.

— Nous suivrons nos frères rouges ; ont-il des chevaux ? répondit Cœur-Sombre.

— Les chevaux sont là ; sous le couvert.

— Partons, dit Cœur-Sombre ; et il ajouta à voix basse ; peut-être avons-nous trop tardé déjà !