Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/409

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En effet, dix minutes plus tard, Felitz Oyandi quittait la grotte.

Quant au Mayor, il demeura pendant la nuit tout entière les coudes appuyés sur la table et la tête cachée dans ses mains, sans fermer les yeux une seconde.

Il songeait aux jours écoulés, et parfois des tressaillements nerveux secouaient tout son corps.

Le remords s’éveillait-il enfin dans cette conscience bourrelée ?

Nul n’aurait su le dire.

Pas même lui peut-être !


XII

DANS LEQUEL BIEN DES CHOSES INTÉRESSANTES SONT RACONTÉES, QUI SONT INDISPENSABLES POUR L’INTELLIGENCE DE CETTE VÉRIDIQUE HISTOIRE.


Nous retournerons maintenant près de madame la comtesse de Valenfleurs, que nous avons abandonnée au moment où, arrivant à la Florida, elle traversait, en compagnie de don Cristoval de Cardenas, la cour d’honneur de l’hacienda, et se dirigeait sur la plate-forme vers le double perron, sur lequel une brillante compagnie se pressait pour lui souhaiter la bienvenue.

La comtesse ne cessait d’admirer la jeune dame dont nous avons fait le portrait dans un précédent chapitre.

Son regard ne pouvait se détourner d’elle.

Les deux charmantes femmes, attirées l’une vers l’autre comme par une mystérieuse attraction, se souriaient de loin et se penchaient en avant pour mieux s’apercevoir, cédant, sans songer à y résister, à ce magnétisme étrange et incompréhensible pour elles, qui les faisait se deviner amies, bien que ni l’une ni l’autre n’eussent souvenir de s’être vues auparavant.