Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/44

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cela devant de nombreux auditeurs qui n’avaient pas manqué de le redire ; de plus, il s’était juré à lui-même de réussir, et il ne voulait pas en avoir le démenti.

Un seul de tous ceux qui avaient entendu ces propos avait semblé non seulement n’y attacher aucune importance, mais encore il avait haussé les épaules et souri avec dédain, en disant qu’il ne fallait pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir mis à terre.

Celui-là était Julian.

Felitz lui avait lancé un mauvais regard que le jeune homme avait parfaitement supporté sans baisser le sien, puis il avait tourné le dos.

Mais, tout en regagnant sa maison, Julian s’était promis de mettre dès le lendemain à exécution le projet qu’il avait conçu pour connaître définitivement les sentiments de la jeune fille à son égard. Par un hasard singulier, la même pensée était venue à Felitz Oyandi.

Les deux rivaux allaient donc se trouver en présence et se livrer une bataille décisive à la veillée, en présence de tous leurs amis et rivaux.

Julian marchait donc d’un pas allègre vers le village, heureux du contre-temps qui empêchait son père de l’accompagner à la veillée, car, en sa présence, il n’aurait jamais osé tenter l’épreuve qu’il méditait.

La demie après neuf heures sonnait au clocher du village, au moment où il mettait la main sur le loquet de la porte de la maison de la famille Mendiri ; le jeune homme hésita un instant, son cœur battait avec force, mais se remettant aussitôt :

— Il faut en finir, dit-il !

Et il ouvrit la porte.