Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/445

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si bonne garde autour de vous, que rien ne troublera voire félicité actuelle.

— Merci, oh ! merci, s’écria Denizà.

Et elle se laissa aller dans les bras de dona Luisa.

Les deux dames s’embrassèrent comme deux sœurs, en laissant couler des larmes que ni l’une ni l’autre ne songeait à retenir.

— Je crois, dit alors la comtesse, qu’il est un moyen bien simple d’assurer le bonheur de nos deux amis.

— Lequel demanda naïvement Denizà.

— Pardieu ! s’écria joyeusement Bernardo, c’est de les marier au plus vite, n’est-ce pas, madame la comtesse ?

— C’est précisément ce que j’allais dire, répondit en souriant madame de Valenfleurs.

— Oui, marions-nous le plus tôt possible, s’écria Julian ; cette pensée est charmante, elle devait venir à madame la comtesse ; n’est-ce pas, chérie ? ajouta-t-il en pressant dans les siennes les mains de sa fiancée.

— Oui, mon Julian, répondit vivement la jeune femme avec une pudique rougeur : je suis à toi, et si je suis venue au Mexique, c’est avec la pensée d’y faire consacrer notre union.

— Hum ! dit le docteur en riant, les amoureux sont tous et toujours les mêmes : ils ne doutent jamais de rien. Nous avons bien des choses à faire avant cela.

— Comment ! que voulez-vous dire, mon père ? s’écria Julian avec vivacité ; existerait-il quelque empêchement à notre mariage ?

Denizà ne dit rien, mais ses yeux battirent comme si elle allait pleurer, et elle se sentit pâlir.

— Je n’en vois aucun, reprit le docteur en souriant. Rassurez-vous donc, mes enfants ; mais, il est des convenances avec lesquelles il faut compter : ainsi, par exemple, Julian et Bernardo, bien qu’ils aient tous les deux leur amnistie entre les mains, ne sont encore que des contumax, des condamnés évadés, aux yeux des autorités françaises.