Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/48

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— Permettez-moi, bien chère Denisà, de mettre au feu cette autre bûche, que j’ai choisie avec le plus grand soin.

Et il ajouta avec un doux et mélancolique sourire :

— Peut-être brûlera-t-elle mieux et surtout plus heureusement que l’autre !

— Faites, mon Julian, lui répondit la jeune fille, avec un adorable accent de tendresse ; placez-la ici, la flamme n’en deviendra peut-être pas plus vive, mais elle sera plus claire.

— Oh ! merci, merci ! s’écria-t-il avec passion.

Et il jeta la bûche au milieu du brasier, où presque aussitôt elle s’enflamma.

Une joyeuse acclamation éclata, comme le bouquet d’un feu d’artifice, suivie d’universels bravos.

Julian était aimé de tous ; chacun, homme et femme, le félicitait.

Le jeune homme, au comble de la joie, acceptait toutes ces félicitations sans savoir à qui entendre.

En effet, Denisà avait bravement accepté son amour et l’avait reconnu pour son fiancé ; il n’y avait plus à s’en dédire.

Le père et la mère de la jeune fille, heureux de ce qui s’était passé, embrassaient leur enfant en lui répétant qu’elle n’aurait pu mieux choisir et que Julian, avec lequel elle avait été élevée, était, par son caractère et son honorabilité, digne de son amour.

Quant à Felitz Oyandi, il s’était hâté de quitter la salle, furieux de l’affront qu’il avait reçu et roulant dans sa tête des projets de vengeance.

Une demi-heure plus tard, la veillée se termina ; chacun rentra chez soi.

Quelques amis de Julian, connaissant le caractère orgueilleux et vindicatif de Felitz Oyandi, voulurent absolument reconduire le nouveau fiancé jusqu’à sa porte, redoutant pour lui quelque guet-apens.

Le jeune homme essaya vainement de dissuader ses amis de l’accompagner ; mais voyant qu’ils ne voulaient rien entendre, et qu’ils s’obstinaient en vrais Basques