Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/49

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dans leur résolution, il leur proposa un terme moyen.

— Faisons mieux, dit-il, accompagnez-moi, mais de loin, de façon à me venir en aide si besoin est ; mais ne restez pas près de moi ; je ne veux pas que Felitz puisse supposer un instant que j’ai peur de lui.

— Cependant, lui dit Bernardo s’il t’attaque à l’improviste ?

— Je ne crains pas cela de lui. D’ailleurs, je vous avoue, mes amis, que je ne serais pas fâché d’en finir une fois pour toutes avec mon rival. Peut-être, s’il essaie de m’attaquer, en sera-t-il le mauvais marchand. Je ne suis pas querelleur, mais ses airs vainqueurs me fatiguent. Je suis tout prêt à lui prêter collet, s’il me provoque. Suivez-moi donc de loin, vous me servirez de témoins, au cas où il tenterait de me chercher querelle.

— Allons, puisque tu le veux, cela sera ainsi, répondit Bernardo. Nous ne te laisserons pas assommer par ce butor. Vas donc, nous te suivons.

— Merci, dit le jeune homme en riant. S’il y a bataille, je crois que nous rirons aux dépens du brave garçon ; il n’est pas en veine ce soir.

Les jeunes gens se mirent à rire et l’on partit.

Julian marchait à une vingtaine de pas en avant.

Nous avons dit que le village se trouvait au milieu d’un bois d’une assez grande étendue. Pour retourner chez lui, Julian était obligé de traverser obliquement ce bois dans sa plus grande longueur ; il avait environ pour vingt bonnes minutes de marche.

Vers dix heures, la lune alors dans son dernier quartier s’était levée ; la lumière qu’elle répandait, sans être grande, suffisait à se diriger sûrement sous le couvert ; quand on traversait des clairières, cette clarté augmentait naturellement, et on voyait parfaitement à une certaine distance autour de soi.

Le jeune homme avait franchi la plus grande partie du bois, il n’avait plus que pour quelques minutes de marche pour arriver chez lui ; il lui fallait traverser une large clairière, lorsqu’il aperçut au milieu de cette clairière quatre hommes arrêtés et semblant attendre.