Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/50

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— Oh ! oh ! murmura le jeune homme, est-ce que mes amis auraient raison ? Bah ! je le verrai bien, avançons toujours !

Et assurant dans sa main droite son bâton de néflier, retenu par une ganse en cuir à son poignet, il pénétra dans la clairière.

Au même instant, un des inconnus se détacha du groupe, toujours stationnaire au milieu de la clairière, et s’avança vers lui.

— Ah ! ah ! dit le jeune homme en riant, c’est toi Paûllo, que fais-tu donc par ici ?

— Je t’attendais, mon Julian, répondit amicalement Paûllo.

— Bon, me voilà ; que me veux-tu ?

— Moi, je ne te veux rien, mon Julian ; c’est Felitz Oyandi qui est furieux contre toi, à cause de ce que tu as fait à la veillée, et qui prétend que tu l’as insulté.

— Felitz Oyandi est fou ; j’ai usé de mon droit, comme il a usé du sien ; tant pis pour lui s’il a échoué ; cela ne me regarde pas.

— Il faudrait lui dire cela à lui-même, mon Julian ?

— Je ne demande pas mieux, marchons.

— Oui, marchons, répéta Bernardo, qui arrivait sur ces entrefaites, suivi de ses quatre compagnons.

Les forces se trouvaient ainsi plus qu’égalisées, puisque du côté de Felitz ils étaient quatre seulement, et de celui de Julian, six, dont cinq étaient de vigoureux montagnards ayant tous la tête très près de leur béret.

Ils s’avancèrent donc de compagnie, au-devant de leurs adversaires, toujours immobiles.

— Eh ! eh ! dit Felitz en ricanant, vous venez en troupe. Il paraît que vous vous êtes méfiés de quelque chose, hein ?

— Avec toi, on se méfie toujours de quelque chose, répondit sèchement Bernardo.

— Silence, je t’en prie, mon Bernardo, lui dit Julian ; cette affaire me regarde seul. D’ailleurs, Felitz ne peut méditer une trahison contre moi.

— Je n’ai nullement besoin d’employer la trahison pour