Page:Aimard - Les Peaux-Rouges de Paris.djvu/89

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grand intérêt à ne pas échouer, pour ne pas suivre vos instructions à la lettre.

— Maintenant, madame, je vous demande la permission de me retirer ; j’ai tout à préparer pour votre fuite, et il est près de midi.

— Allez donc, mon bon docteur, je ne vous retiens pas, quelque désir que j’aurais de vous garder ; au revoir, à l’Hôtel de Paris.

— Moi, ou mon fils, madame ; il peut survenir tel événement qui m’empêche de me trouver en personne à ce rendez-vous ; mais je vous réponds, malgré sa jeunesse, de mon fils comme de moi même.

— Oh ! je le sais, docteur.

M. d’Hirigoyen prit respectueusement congé de la marquise et sortit.

Demeurée seule, la jeune femme resta un instant plongée dans le monde de réflexions qui bouillonnaient, à le faire éclater, dans son cerveau ; mais se redressant soudain, elle sonna.

Clairette entra aussitôt.

La marquise la fit asseoir près d’elle, et sans entrer dans aucun détail compromettant, elle lui fit part de ce avait été convenu avec le docteur, à propos de son voyage à Bayonne, et de la lettre que la fillette allait recevoir, afin qu’elle jouât bien son rôle devant les autres domestiques ; elle termina en lui disant :

— Une affaire importante, qui me retiendra assez longtemps, exige ma présence à Bayonne ; je ne veux pas que l’on sache où je vais, et pourquoi je m’absente. Je sortirai de mon côté, comme pour me promener hors de la ville et j’irai te rejoindre là-bas ; demain une lettre que j’adresserai à mon notaire de Saint-Jean-de-Luz, lui ordonnera de congédier tous les domestiques, sauf le concierge, et de fermer la maison ; tu m’as bien comprise ?

— Oh ! oui, madame, répondit-elle vivement ; vous n’avez pas besoin de me recommander le silence ; je serai muette, je vous le promets.

Le fillette se retira la joie dans le cœur.