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JACK ET JANE.

« J’attendrai qu’elle me le dise, pensa Mme Minot ; elle est franche et elle ne tardera pas à m’avouer la vérité. Jane, lui demanda-t-elle bientôt, voulez-vous que je vous fasse réciter votre leçon ? Jack a l’intention de se débarrasser de la sienne aussitôt que Frank reviendra. Si vous suiviez son exemple ?

— Je veux bien essayer, répondit Jane, mais je ne suis pas très sûre de la savoir. »

Elle s’en tira cependant assez bien, mais le mot permanent se trouvant dans sa leçon, elle se souvint de l’avoir vu dans la lettre de Mme Minot, et s’arrêta court.

« Savez-vous ce que cela veut dire ? lui demanda Mme Minot pour lui venir en aide.

— Toujours… très longtemps… ou quelque chose comme cela, balbutia Jane, la gorge serrée, les joues en feu.

— Vous souffrez, mon enfant ? lui dit affectueusement Mme Minot. Qu’avez-vous ? Laissez votre leçon et confiez-moi votre chagrin… »

C’était trop pour Jane. Elle éclata en sanglots et confessa ses méfaits avec componction.

« Je ne l’ignorais pas, répondit Mme Minot, mais j’étais sûre que vous ne me le cacheriez pas longtemps, car sans cela vous ne seriez plus la petite fille franche et honnête que nous aimons. »

Tout en consolant Jane de son mieux, elle lui montra le timbre attaché à la lettre et lui expliqua comment il lui avait tout appris.

« Oh ! le vilain vieux timbre d’être allé raconter tout cela, quand je voulais tâcher de me faire pardonner par une confession complète, s’écria Jane en souriant à travers ses larmes.