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LA MISSION DE JANE.

— Vous devriez le coller dans votre grammaire afin de vous rappeler toutes les conséquences de votre désobéissance, lui dit Mme Minot. De cette façon, cette leçon laisserait peut-être une impression permanente sur votre esprit, » ajouta-t-elle, heureuse de voir revenir la gaieté naturelle de la petite fille, et croyant qu’elle avait oublié le contenu de la lettre.

Il n’en était rien, cependant, car Jane ne fut pas plus tôt certaine d’avoir obtenu son pardon qu’elle lui demanda gravement :

« Madame, voulez-vous me parler un peu de cette demoiselle Lucile Snow ? Si je dois être comme elle, il est bon que je tâche de l’imiter.

— Je suis très contrariée que vous ayez jamais entendu parler d’elle, ma chérie, et cependant, quoique j’espère bien que votre épreuve ne sera pas aussi lourde que la sienne, je crois que son exemple pourra vous aider à la supporter. J’ai connu Lucile pendant bien des années. Tout en ayant cru d’abord qu’elle était très malheureuse, je suis arrivée bien vite à comprendre combien, malgré sa maladie, elle était bonne, utile et même heureuse.

— Comment est-ce possible ? Qu’est-ce qu’elle faisait donc ? demanda Jane oubliant ses propres chagrins, tant elle était étonnée.

— Elle était si patiente que les autres avaient honte de se plaindre de leurs misères, continua Mme Minot, si gaie que sa peine en devenait plus légère, et surtout si bonne et si douce qu’elle semblait tout changer en bien autour d’elle, et qu’elle avait transformé sa demeure en une sorte de sanctuaire, où chacun trouvait de l’aide et des conseils et un modèle de vie exemplaire. Vous voyez,