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JACK ET JANE

leurs traîneaux glisser le long de la colline. La neige était assez gelée et la glace assez forte sur la mare pour leur permettre ce divertissement ; aussi petits garçons et petites filles s’en donnaient-ils à cœur joie. L’on n’entendait que cris de plaisir et éclats de rire.

Il y avait trois glissades organisées : l’une d’elles conduisait dans la prairie par une pente douce ; l’autre allait traverser la mare à côté, et la troisième partant du sommet de la colline, se terminait brusquement devant une barrière en bois, bordant et surplombant la grande route placée beaucoup plus bas. C’était une sorte de garde-fou destiné à prévenir les chutes.

Plusieurs enfants, déjà fatigués de tant de plaisir, se reposaient appuyés contre cette palissade, et en même temps s’amusaient à critiquer les autres qui n’avaient pas encore abandonné cet exercice agréable entre tous. Comme leur conversation va nous faire faire connaissance avec des personnages que nous verrons apparaître bien des fois dans le cours de ce récit, nous pouvons, je crois, l’écouter sans trop d’indiscrétion.

« Regardez donc Frank Minot, s’écria l’un d’eux en voyant passer un grand jeune homme de quinze à seize ans, dont la bouche fortement arquée et les yeux résolus, fixés sur le but encore éloigné, exprimaient une volonté bien arrêtée ; a-t-il l’air assez grave, continua l’enfant, on dirait un juge.

— Voici Molly Loo. Et Boo, son petit frère, » chanta son voisin en désignant un traîneau dans lequel étaient une petite fille aux cheveux flottants et un tout petit garçon si gros que sa figure ressemblait à une vrai pleine lune.