Page:Alcott - Jack et Jane.djvu/155

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CHAPITRE X

LE CLUB DRAMATIQUE


Tandis que Jack commençait à se servir de sa béquille, Jane supportait les conséquences de sa seconde chute. Au lieu d’aller mieux, elle souffrait davantage, et le médecin la condamna à passer deux heures par jour étendue sur une planche. Il espérait de grands résultats de ce nouveau traitement, mais ce n’était pas une pénitence facile. Vous figurez-vous un pareil supplice ? Rester deux longues heures immobile sur une dure planche, et cela sans pouvoir même tenir un livre, c’était un vrai martyre. La première fois que la pauvre Jane l’endura, elle sanglota pendant une heure entière ; mais, en entendant Mme Peck et Mme Minot, désespérées, déclarer que ce spectacle était au-dessus de leurs forces, la courageuse petite fille se mit à chanter.

Sa mère l’embrassa tout émue et Jack s’écria, brandissant sa béquille contre des ennemis imaginaires :

« Bravo, Jane ! Chantez encore. Figurez-vous que vous êtes un Indien captif, trop fier pour pousser un seul cri, malgré ses tortures. Je vais suivre l’aiguille de la pendule, et au moment même où elle mar-