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JACK ET JANE.

« Gustave a plus de sang-froid que je ne le supposais, dit M. Burton ravi de son fils ; la situation était difficile. »

Son voisin lui répondit en riant :

« Si nous ne savions pas que Washington est mort dans son lit le 14 décembre 1799, nous eussions pu craindre pour sa vie. Le naufrage était complet. »

Cependant le désordre régnait dans les coulisses. On entendit Ralph faire des reproches sanglants, et Joë crier d’une voix perçante que c’était la faute de Grif qui l’avait chatouillé.

Enfin le calme se rétablit, et le rideau se leva de nouveau. Cette fois le tableau représentait les Filles de la Liberté.

C’était un hommage rendu aux vaillantes femmes qui ont si bien combattu, elles aussi, pour l’indépendance de l’Amérique. Nos petites amies avaient mis les robes à grands ramages, les immenses bonnets et les souliers à hauts talons de leurs arrière-grand’mères. Elles étaient charmantes, assises autour d’une grande table, et jurant de ne point boire une seule goutte de thé avant que l’impôt fût levé. Molly, les yeux étincelants, portait le toast : À bas les tyrans ! Vive la liberté ! » Les autres levaient la tasse d’infusion de tilleul que Merry venait de leur verser, et semblaient prêtes aussi à prêter serment.

Le rideau retomba. On préparait sans doute une grande scène guerrière, car l’on entendait dans la coulisse un bruit de ferrailles et un cliquetis d’armes. Le programme annonçait : la Reddition de Corwallis. En effet, après une attente quelque peu longue, on vit paraître Washington entouré de ses généraux en brillant