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JACK ET JANE.

— Si je n’étais pas malade, j’y serais déjà. Je l’aurais bien vite trouvé !…

— Qui ?… Quoi ?…

— Rien. Voudriez-vous avoir l’obligeance de m’approcher la petite table ? J’ai une lettre à écrire. Je vous demanderai en outre de vouloir bien me la mettre à la poste, sans le dire à qui que ce soit, avant que je vous en aie donné la permission.

— Bon ! voilà que vous allez avoir aussi des secrets, s’écria Frank. Prenez garde, miss Jane, vous vous mettrez dans le pétrin. Je vous en préviens, les secrets sont toujours une mauvaise chose.

— Vous saurez un jour mes raisons, monsieur Frank. En attendant, faites-moi le plaisir de me laisser écrire tranquillement. Je suis bien forcée de vous laisser voir l’adresse de ma lettre, mais vous n’en connaîtrez le contenu que lorsque j’aurai la réponse. »

Jane se souleva péniblement sur son coude et écrivit la lettre suivante, non sans hésiter beaucoup au commencement et à la fin. Elle connaissait ii peine la personne à qui elle s’adressait, et il lui fallait toute son affection pour Jack pour surmonter sa timidité.


« Monsieur Bob Walker, chez le capitaine Skinner.


« Monsieur Bob,

« Je viens vous demander si Jack Minot est allé vous voir vendredi dernier. Il est dans un grand embarras parce qu’on l’a vu parler à Jerry Shannon et lui donner de l’argent. Il ne veut pas s’expliquer. M. Acton l’a puni devant toute la classe, il va pour