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JACK ET JANE.

« C’est bien vrai ! »

Frank ajouta d’un air de conviction :

« Nous ne pourrions plus nous passer de vous !

— Est-ce possible ! dit Jane surprise de ces témoignages d’affection. À quoi puis-je vous servir ? Je croyais que je ne pouvais rien faire et je tâchais seulement de vous montrer ma reconnaissance.

— On ne fait jamais en vain des efforts sérieux, dit Mme Minot. C’est comme les pluies du printemps qui font éclore des fleurs presque instantanément.

Vous ne nous avez pas dit les dons de l’ange Patience, interrompit Jack,

— Ses trois dons sont le Courage, la Gaieté et l’Affection, répondit sa mère. Avec cela on fait des miracles.

— Est-ce que vraiment je ressemble un tout petit peu â votre bonne Lucy ? demanda Jane à demi-voix. Je ne croyais pas y avoir réussi,

— Vous lui ressemblez beaucoup, ma chérie. Il n’y a qu’un seul point sur lequel vous différez : Lucy a été malade toute sa vie, et vous, vous serez guérie avant peu. »

Cette réponse satisfit pleinement la petite fille.

Le soir, avant de s’endormir, Jane se dit :

« C’est incroyable comme ils m’aiment tous ! Il faut croire que j’ai fait quelque chose pour eux, puisqu’ils me remercient et qu’ils veulent me garder, mais je ne vois pas du tout ce que ce peut être, à moins que ce ne soit d’avoir tâché d’être gentille et de les avoir aimés de tout mon cœur. »

C’était là le secret.