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BELLE-PLAGE.

qui jouissaient de toute leur liberté, allaient faire connaissance avec la plage et ses habitués. À la fin, elle n’y put plus tenir :

« Oh ! quand donc pourrai-je sortir ! s’écria-t-elle.

— Quand le soleil sera moins ardent et que vous serez un peu reposée, lui répondit Mme Minot.

— Je ne suis pas fatiguée du tout dit Jane d’un ton de supplication.

— Voyons, mignonne, soyez raisonnable. Reposez-vous une demi-heure. Vous sortirez après. »

Jane s’étendît docilement sur le canapé et regarda de loin les vagues écumeuses et les enfants qui jouaient sur la grève.

Après une demi-heure qui lui sembla un siècle d’attente, Mme Minot sortit de la malle la robe de toile grise de Jane et son petit chapeau entouré d’un ruban rouge, puis elle remplaça ses bottines d’étoffe par des souliers de bains de mer. La toilette était complète.

Jane ne se sentait pas d’aise. Quand elle fut prête, Jack vint la chercher. Elle sortit appuyée d’un coté sur lui, de l’autre sur Mme Minot. Tout le monde se retournait pour voir cette petite infirme aux yeux noirs et aux cheveux bouclés. Elle était charmante avec ses joues animées par l’air vif et sa petite mine à la fois si douce, si intelligente et si malicieuse.

Jack faisait les honneurs de l’océan comme s’il en eût été le propriétaire. Il connaissait déjà la plage dans tous ses coins et recoins.

« Vous allez voir la jolie place que je vous ai trouvée, lui dit-il.

— Est-ce loin ? demanda Mme Minot. Vous savez qu’il