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DEUX PÉNITENTS.

mois de janvier ! Que j’ai donc été bête ! Les dégringolades sont toujours dangereuses, mais aussi c’est là qu’est le plaisir. Ah !

Jack étendit les bras, poussa un long soupir et fronça le sourcil. Il ne disait pas un mot de la petite entêtée qui l’avait mis dans ce triste état, car il avait trop de délicatesse pour vouloir se plaindre de sa petite amie, mais il lui en coûtait un peu de garder le silence. L’estime de sa mère lui était très précieuse, et il aurait voulu pouvoir lui expliquer tout, Elle n’ignorait rien cependant de ce qui s’était passé. Jane s’était accusée hautement devant elle, et Mme Minot avait sans peine deviné la vérité. Aussi mit-elle aussitôt l’esprit de son fils en repos en lui disant doucement :

« Ce n’était pas un bien grand plaisir, comme vous l’avez vu, mon cher enfant. Une autre fois, soyez plus ferme et aidez Jane à combattre sa propre volonté. Quand vous aurez appris à lui céder un peu moins et qu’elle saura vous céder un peu plus, il ne se passera plus rien de semblable. Vous savez que nous souffrons tous de ce qui est arrivé.

— Je m’en souviendrai, mère. Je voudrais ne jamais rien refuser à personne, mais je vois bien que j’aurais épargné bien des peines à Jane comme à moi, si je lui avais dit non. Je l’ai un peu essayé, mais elle y tenait. Pauvre Jane, je prendrai mieux soin d’elle une autre fois. Est-elle bien malade, maman ?

— Je ne puis encore vous le dire. On ne le saura que plus tard. Elle ne souffre pas beaucoup, il faut espérer que ce ne sera pas très grave.

— Si elle avait seulement une jolie chambre comme