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JACK ET JANE.

celle-ci ! Ce doit être bien triste d’être malade dans leur pauvre demeure, dit Jack en laissant errer son regard autour de lui.

— Je veillerai à ce qu’elle ne manque de rien ; ne vous en tourmentez pas et tâchez de dormir, c’est là ce qui vous est le plus nécessaire. »

Mme Minot lui mit de la glace sur le front et l’éventa doucement, Il ferma les yeux et resta si tranquille que sa mère crut qu’il s’endormait. Tout à coup elle vit glisser une larme sur sa joue enfiévrée.

« Qu’as-tu, mon chéri ? » lui demanda-t-elle.

Les yeux bleus de Jack s’ouvrirent tout grands, et il sourit de son bon sourire habituel malgré les larmes qui coulaient encore.

« Tout le monde est si bon pour moi que je ne peux pas m’empêcher de faire le petit nigaud.

— Ne soyez pas trop sévère pour vous, mon cher fils, vous avez été très courageux jusqu’ici, et c’est la réaction inévitable de votre effort qui vous fait faiblir un instant. L’un des meilleurs résultats du chagrin et de la souffrance est de nous apprendre combien nous sommes aimés. Cette leçon que vous avez apprise aujourd’hui, ne l’oubliez pas, petit Jack.

— Comment pourrais-je jamais l’oublier, quand vous savez si bien me montrer combien il est doux d’être plaint et gâté ? Embrassez-moi, mère, et, ainsi que le dit Jane, je serai sage comme une image. »

Jack posa sa tête sur la main de sa mère, et resta immobile jusqu’à ce que, bercé par la musique de son camarade, il s’endormit de ce sommeil calme et réparateur avec lequel la nature guérit les corps et les âmes malades.