Page:Alcott - Jack et Jane.djvu/83

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MYSTÈRES.

— Eh bien, cela m’est fort égal, s’écria Jane. Nous aussi nous avons notre secret, mais nous ne le dirons jamais, quoi qu’il arrive, n’est-ce pas ?

— Jamais ! jamais ! » répondirent à la fois Merry et Molly.

Et les trois amies se consolèrent de ne pas avoir découvert le secret de Mme Minot en pensant que leur secret à elles, celui de leur future société de secours, ne serait pas même dévoilé à Noël.

Quant à Jack, désespérant de deviner le secret de sa mère, il donna sa langue aux chats, après avoir successivement déclaré que c’était une nouvelle salle à manger dans laquelle on pourrait le transporter facilement ; une salle d’études où il continuerait ses classes avec un précepteur, et enfin un théâtre sur lequel on jouerait ses comédies favorites.

« Cela deviendra la demeure de quelque chose que vous aimez beaucoup, lui dit un jour sa mère pour satisfaire sa curiosité.

— Des oiseaux ou des cygnes ? » demanda Jack d’un air aussi surpris que content.

Il ne comprenait guère par quel prodige on ferait un lac dans une chambre, Frank ajouta à sa mystification ni lui disant d’un ton moqueur :

« On y mettra un petit oiseau et un petit âne. »

Mais, cela dit, il partit avec précipitation, comme s’il craignait de s’être trahi, et on l’entendit braire dans l’escalier.

« On y mettra des créatures que j’aime beaucoup, moi aussi, et vous savez, Jack, que je n’ai pas grande affection pour les ânes, lui dit sa mère qui était auprès