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JACK ET JANE.

de son lit, occupée à visiter et à réparer des effets qui, avec quelques bonbons, composaient les paquets qu’elle distribuait toujours la veille du Noël aux pauvres du village.

— J’ai trouvé ! j’ai trouvé ! s’écria Jack. C’est un hôpital pour d’autres malades. N’est-ce pas cela, dites, maman ?

— Je n’aurais guère le temps de soigner beaucoup de malades, répondit évasivement Mme Minot. Il faudrait d’abord attendre que vous soyez complètement guéri. »

Elle ajouta vivement comme si, elle aussi, eût craint de laisser échapper son secret :

« Cela me rappelle un jour de Noël que j’ai passé auprès d’une bonne dame charitable, qui s’occupait d’hôpitaux et d’enfants pauvres depuis plus de trente ans. Elle s’était donné pour tâche de procurer à ces pauvres êtres au moins un jour de bonheur par an. Cette année-là nous leur avons distribué deux cents poupées, plusieurs caisses de jouets, de gâteaux et de bonbons, et je ne sais combien d’images et de vêtements. Quelle joie pour ces pauvres petits ! je ne l’oublierai jamais ! »

L’air ému dont ces paroles furent prononcées réussit à empêcher Jack de songer davantage au grand secret et en fit naître un autre. Le petit garçon résolut aussitôt d’employer tout son argent de poche à acheter des jouets pour les pauvres enfants qui n’auraient pas, eux, d’arbres de Noël, et il oublia tout le reste pour ne plus penser qu’aux nombreux objets qu’il leur achèterait.