Page:Alembert - Trois mois à la cour de Fréderic : lettres inédites.djvu/85

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versation est toujours aussi agréable et aussi utile pour moi qu’elle l’a été dans les premiers jours, qu’elle roule tantôt sur la littérature, tantôt sur la philosophie, assez souvent même sur la guerre et sur la politique et quelquefois sur le mépris de la vie, de la gloire et des hommes. Grimm me mande que le Roi a écrit mille choses de moi à Mme la duchesse de Saxe-Gotha, qu’il est enchanté de moi, et je sais qu’il y a très peu de jours qu’il lui a encore écrit sur mon compte les choses les plus obligeantes et les plus flatteuses. Je suis charmé d’avoir répondu à l’idée qu’il avait de moi et j’aurai grand regret à le quitter, mais ma santé seule, indépendamment de mille autres raisons, ne me permettrait pas de rester dans ce pays. L’air qu’on y respire, épais et marécageux et le genre de vie qu’on y mène sont trop contraires à ma constitution et à ma manière de vivre ordinaire. »

À la fin, à bout de force, d’Alembert se décida à solliciter de Frédéric l’autorisation de rentrer en France.

« À Sans-Souci, le 15 août 1763.

« Je viens d’écrire au Roi une lettre courte, tendre et respectueuse, pour lui demander mon congé ; c’est l’usage de lui écrire ainsi huit ou dix jours avant de partir ; je vous dirai demain ce qu’il aura répondu à