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LE COLLAGE

Et, pendant ces méditations de Jacques, le train omnibus continuait de n’avancer qu’avec une déplorable lenteur. Vers le milieu du jour, une heure d’arrêt à Dijon ; il mangea. Remonté en wagon, ses paupières devinrent lourdes ; il dormit plusieurs heures. Soudain, il s’éveilla. Le train était arrêté. Et, de la portière, un employé, debout sur le marchepied :

— Votre billet, s’il vous plaît ?

Jacques Clouard arrivait à Paris.


III


En posant le pied sur le trottoir bitumé du débarcadère, Jacques se sentit doucement ému. Enfin, il foulait le sol de Paris, de la ville natale. Tout ce qu’il avait souffert pendant ces dix ans n’existait plus. La pitoyable aventure de l’exil n’était qu’un mauvais rêve. S’il l’eût osé, il se fut agenouillé sur cette terre dont il avait longtemps été privé, et, pour en bien reprendre possession, il l’eût ardemment baisée… Ses deux compagnons de route éprouvaient aussi quelque chose. Tous les trois se serrèrent silencieusement la main. Au moment de passer par la sortie, comme des détonations lointaines éclataient, ils se regardèrent.

— Entendez-vous ?… La fête !

— Très chic ! Ce n’est pas fini !