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LE RETOUR DE JACQUES CLOUARD

— On nous salue… Merci et bonjour, citoyens !

Ils parlèrent de leurs bagages. Au lieu de s’empêtrer chacun de sa malle, le mieux était de serrer le bulletin dans son porte-monnaie. On reviendrait demain chercher son balluchon. Le plus pressé était de courir à la fête, dont les rumeurs profondes leur arrivaient. Le cadran de l’horloge marquait dix heures vingt. Les six feux d’artifice devaient être tirés ; mais l’on arrivait à temps pour les illuminations.

— Tiens ! il pleut ! fit tristement Clouard, en voyant les vitres de la salle d’attente toutes mouillées.

C’était vraiment fâcheux. Le bon Dieu n’était décidément qu’un Versaillais, qui n’aimait pas les vieux solides de la Commune. Il aurait pu se passer de leur asperger le visage de ces larges gouttes. Mais à peine au milieu de la descente, ils oublièrent la pluie : ils s’étaient retournés, et, ce qui les impressionnait, c’était la façade de la gare, illuminée jusqu’au faîte, de frises de gaz, autant de lignes de feu dessinant toute l’architecture.

Alors, une curiosité, l’envie de tout voir, leur fit hâter le pas. Ils prirent la rue de Lyon, laissant à droite le boulevard Mazas, où quelques maisons, couvertes de lanternes vénitiennes, faisaient ressortir la tristesse sombre des hauts murs de la prison.

À l’intersection de la rue de Lyon et de l’avenue