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CYBÈLE

En un laps de temps fort court on était à quai, et les trois amis étaient de suite emportés par une élégante voiture sans chevaux capricieux ni vapeur importune, dans la direction de ce qui fut autrefois la place du Gouvernement, et qui s’appelait maintenant la place de la Concorde de la nouvelle capitale, place monumentale, s’il en fut, avec ses palais de la représentation nationale et des diverses administrations publiques qui occupaient trois des côtés du grand quadrilatère, laissant entièrement à découvert le quatrième où se dressaient en face de la mer de hautes colonnes rostrales. Puis au milieu de la face opposée, s’élevait un arc de triomphe prodigieux sous l’énorme baie duquel commençait une large et magnifique rampe qui montait droit au sommet de la ville d’où dominait un peu en arrière-plan, le Grand-Temple à l’immense coupole d’or.

Du milieu de cette place, le coup d’œil était féerique, et une chose qui ajouta beaucoup à l’étonnement du nouveau débarqué, ce fut de voir que cette rampe qui reliait ensemble le haut et le bas de la montagne était mouvante. La mécanique avait fait des progrès, et maintenant on voyait marcher les chemins eux-mêmes, ou du moins, dans le cas qui s’offrait aux yeux de Marius, c’était une large bande de l’immense plan incliné qui descendait