Page:Aloysius Bertrand - Gaspard de la nuit, édition 1920.djvu/145

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À M. P.-J. David, statuaire.


VII

LES LÉPREUX


N’approche mie de ces lieux
Cy est le chenil du lépreux.
Le Lai du lépreux.


Chaque matin, dès que les ramées avaient bu l’aiguail, roulait sur ses gonds la porte de la Maladrerie, et les lépreux, semblables aux antiques anachorètes, s’enfonçaient tout le jour parmi le désert, vallées adamites, édens primitifs dont les perspectives lointaines, tranquilles, vertes et boisées, ne se peuplaient que de biches broutant l’herbe fleurie, et que de hérons pêchant dans de clairs marécages.

Quelques-uns avaient défriché des courtils : une rose leur était plus odorante, une